Dyslexie - dysorthographie

 La dyslexie et la dysorthographie

  • Présentation de l'article choisi

J'ai choisi de travailler sur un article de vulgarisation rédigé par la RTBF en décembre 2020. Cet article m'a semblé intéressant car il abordait la dyslexie sous un nouvel angle: Celui du monde du travail.

Nous avons, en tant qu'instituteurs, majoritairement abordé le thème de la dyslexie au sein des classes, et nous avons décelé comment aider ces enfants à poursuivre au mieux une scolarité normale malgré leurs difficultés mais que deviennent ces enfants une fois entrés dans le monde du travail? La dyslexie ne se guérit pas. Il s'agit donc d'un handicap qui peut être un frein dans le monde du travail. Cependant, on en parle beaucoup moins que dans le cadre de la scolarisation.

  • Résumé de l'article "Handicaps invisibles au travail: le casse-tête de la dyslexie"
 On réduit souvent la dyslexie à un trouble d'apprentissage, comme si cela ne posait problème que pendant la scolarisation (En effet, ces personnes ont des difficultés pour apprendre à lire, écrire sans fautes, ...). Cependant, les adultes subissent encore des stigmatisations liées à la dyslexie. Puisque celle-ci ne disparait jamais, certaines associations préfèrent que l'on parle d'un handicap permanent invisible.
Dans le monde du travail, les personnes dyslexiques sont souvent jugées comme incompétentes en raison notamment de leur problème de mémoire, de concentration ou d'orthographe. On réduit les personnes dyslexiques à leurs soucis orthographiques et leurs difficultés à s'exprimer. Elles sont aussi parfois jugées trop lentes ou pas assez efficaces. Les milieux où règne la compétition ne sont d'ailleurs pas souvent des moteurs pour eux, tout au contraire car ils ont l'impression de devoir se battre 2 fois plus que les autres. A force d'être dévalorisés, ils perdent aussi confiance en eux alors qu'ils ont les compétences requises dans le domaine malgré des problèmes d'orthographe.
Comme le cerveau est "câblé" différemment, leur logique n'est pas toujours la même que la nôtre. Comme ils procèdent différemment des autres, on pense qu'ils n'ont pas compris la consigne ou l'on interprète leur façon différente de faire comme de la mauvaise volonté ou un manque de compétence.
Cependant, les dyslexiques peuvent également apporter du positif dans une équipe: outre leurs capacités individuelles et leur faculté à penser autrement, les personnes dyslexiques sont souvent très à l'écoute des autres, ont des valeurs humaines importantes, un sens du détail affûté, mais surtout, elles ont une grande capacité d'adaptation et de résilience puisqu'elles vivent des difficultés depuis toujours.
Pour combattre la discrimination à l'égard des dyslexique, Justine Vilgrain, une dyslexique d'une trentaine d'années a eu l'idée de créer un logo "certified dyslexic". Elle le précise d'ailleurs toujours à la fin de ses mails. Assumer sa dyslexie et ne plus en faire un tabou permet de regagner de la confiance en soi, de faire connaitre ce handicap permanent et de permettre l'inclusion dans le monde du travail par sa banalisation.
Vous pouvez retrouver l'article original à l'adresse suivante: https://www.rtbf.be/tendance/bien-etre/sante/detail_handicaps-invisibles-au-travail-le-casse-tete-de-la-dyslexie?id=10645682
  • Analyse critique en lien avec le cours

Je trouve que cet article apporte une perspective nouvelle à la dyslexie. 

Bien évidemment, il survole des bases élémentaires que nous avons pu voir au cours comme le fait qu'il s'agit d'un trouble permanent, qu'on ne guérit pas, que les symptômes peuvent se situer dans les 4 compétences du français: lecture (saut de mot, difficulté de compréhension, lecture hachée, peu d'automatisme, difficulté pour se repérer dans le texte, ... ), écriture (écriture peu soignée, oubli de lettres, ...), écoute (difficulté de compréhension, concentration limitée, ...) et parole (difficulté pour organiser sa pensée, former une phrase,...). Cela a également des conséquences supplémentaires comme le manque de concentration, la fatigue, la lutte interne pour se mettre au travail.

Mais cet article met surtout en avant les fausses croyances liées à la dyslexie comme le fait que la personne serait fainéante, qu'elle ne comprendrait pas les consignes, serait moins motivée, ...

Souvent les patrons jugent les capacités de la personne sur la base des fautes d'orthographe dans le rapport ou encore sur la lenteur avec laquelle le travail a été fait (même s'il est de bonne qualité), ... Ils concluent alors que la personne n'est pas compétente. Cependant, le cours nous démontre bien que la dyslexie n'est pas un retard mental et que la personne est tout à fait compétente dans les autres domaines tout comme n'importe quel autre employé. 

L'article met également en avant la charge mentale que subissent les personnes dyslexiques, même adultes. Car si elles ne doivent plus s'acharner sur des dictées ou de longs livres à lire, elles subissent tout de même la compétition présente dans bon nombre de métiers et c'est une charge encore plus lourde pour elles qui doivent maintenir le cap et prouver en permanence qu'elles savent "bien faire" malgré leur dyslexie.

Finalement, lorsque je confronte les représentations initiales que nous avons formulées lors du premier cours sur ce qu'est et n'est pas la dyslexie, je remarque que bon nombre de ces stéréotypes sont repris par les personnes extérieures. Cela prouve donc qu'il est nécessaire de briser les tabous autour des Dys. Il est déplorable que personne ne reçoive une petite formation sur le handicap/les troubles car cela permettrait aux patrons de mieux cibler leurs employés et de favoriser un climat dans lequel ils se sentent bien et soient plus aptes à travailler malgré leurs éventuelles difficultés.

En conclusion, je trouve que cet article ouvre des portes sur un nouveau champ d'action pour l'orthopédagogue: son rôle au sein du monde du travail. Peut-être qu'il n'aura pas exactement les mêmes fonctions que dans l'enseignement (puisque, on le sait, les enfants sont censés apprendre des techniques pour contourner leurs difficultés et, par la suite doivent être capables de se débrouiller seuls). Il aura plutôt un rôle de prévention, de communication pour casser les stéréotypes et informer sur ce que sont réellement les troubles DYS.

sources:

  • Genard, N (2020-2021) Introduction à la dyslexie, documents non publiés, HE2B, Haute Ecole De Fré, Bruxelles
  • RTBF (décembre 2020) Handicaps invisibles au travail: le casse-tête de la dyslexie, consulté en ligne sur https://www.rtbf.be/tendance/bien-etre/sante/detail_handicaps-invisibles-au-travail-le-casse-tete-de-la-dyslexie?id=10645682 le 4/01/21



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