TSA intro

Trouble du spectre de l'autisme: Introduction

 

Lecture des livres

  •  Evaluation et intervention auprès des comportements-défis, E. Willaye et G. Magerotte
  • Pratique de l'intervention individualiée, G. Magerotte, M. Deprez et N. Montreuil

 

Livre 1: Evaluation et intervention auprès des comportements-défis

 

J'ai choisi de résumer le chapitre 2: comportements-défis et modèle fonctionnel car, je pense qu'il est important de comprendre la structure et le fonctionnement d'un comportement-défi pour avoir une meilleure intervention par la suite.

Table des matières:

Introduction

1. Les antécédents

  • les évènements contextuels
    • au niveau de la santé
    • au niveau de la qualité de vie
  • les évènements immédiats 
    • l'adaptation à l'environnement
    • difficultés d'apprentissage
    • difficultés communicationnelles
    • besoin d'une vie de qualité
    • aspects médicaux
    • frustrations
 2. Le rôle des conséquences
  • le renforcement positif
  • le renforcement négatif 
 
 

Introduction:

 Il s'agit donc d'un apprentissage, tout comme n'importe quel comportement humain. Soit, le comportement a pour but d'obtenir une conséquence souhaitée, soit d'éviter des conditions environnementales aversives. A noter qu'un même comportement peut signifier plusieurs besoins différents et inversement plusieurs comportements peuvent indiquer un même besoin.

Les facteurs qui entrent en cause lors d'un comportement-défi sont souvent liés à la cognition, aux émotions, à l'historique de la personne, ses antécédents biologiques, développementaux, socio-culturels, familiaux, comportementaux, ...) 

On cherchera toujours à traiter la fonction de l'acte en priorité.


Le comportement-problème apparait dans un contexte spécifique à cause d'un élément survenu précédemment (qu'on appellera les antécédents), qui est en train d'arriver ou qui va bientôt se produire (les conséquences). Initialement, il apparait de façon aléatoire (ou à cause d'une situation biomédicale) dans un contexte souvent désagréable. Si on répond positivement à ce comportement, la possibilité de réapparition sera plus grand.

Nous allons voir d'un peu plus près quels types d'antécédents et de conséquences il existe et en quoi ils influencent l'arrivée de ces crises.

1. Les antécédents

Les antécédents sont les évènements (pris dans leur contexte) qui renforcent la valeur d'un comportement (de façon positive ou négative). Cela a pour conséquence de modifier:

  • l'efficacité de certaines formes de renforcement,
  • la fréquence d'apparition de comportements (conditionnés ou non) associés à ces renforçateurs.

Ces antécédents peuvent être classés sur 2 niveaux: les évènements contextuels et les évènements immédiats.

  • les évènements contextuels
Ceux-ci peuvent être concomitants au comportement ou éloignés dans le temps. Il peut également s'agir d'une action continuelle entre les stimuli et la réponse donnée à ceux-ci. Un évènement peut donc changer la possibilité d'apparition d'un comportement postérieur en modifiant la valeur des conséquences.
 
Il y a 4 types d'évènements contextuels:
- ceux où les interactions stimulus-réponse sont éloignées dans le temps de plusieurs semaines, mois ou même années;
- ceux où les interactions stimulus-réponse sont proches dans le temps (quelques jours);
- ceux où les stimuli sont concurrents à la crise;
-ceux où les interactions stimulus-réponse sont concurrentes à la crise.
 
Ces évènements contextuels peuvent également être divisés en 3 catégories:
- ceux liés à la personne elle-même, à son contexte bio-développemental.
Il peut s'agir de troubles sensoriels, de la santé, de la médication, du sommeil, de l'état émotionnel...
- ceux qui ont un caractère social.
Il peut s'agir de problèmes avec les contacts et les repères sociaux, un décès, la présence de certaines personnes, le type d'échange, la stabilité des relations, ...
- ceux qui ont un caractère physique.
Ils peut s'agir de problèmes liés à l'environnement résidentiel, scolaire ou professionnel, de l'intimité, de l'organisation, du manque de prévisibilité, du matériel disponible, ....
 
Évidemment, un comportement n'a pas une appartenance unique à l'une de ces catégories mais peut aussi être une combinaison de plusieurs d'entre elles. De plus, la présence d'un trouble comme celui de l'autisme ou d'une déficience intellectuelle peut rendre plus probable l'apparition de certains comportements. C'est pourquoi il est important de connaitre leurs difficultés respectives:
L'autisme                                                                        La déficience intellectuelle
- Se mettre à la place de l'autre                                      - adaptation sociale
- Évaluer l'impact émotionnel ou physique                     - capacités cognitives
- interpréter des actes sociaux, des règles sociales       - abstraction
- communiquer sur son état physique ou émotionnel    - S'exprimer et comprendre
- développer des loisirs                                                  - expériences sociales limitées
- troubles sensoriels
- changement difficile
 

Avec ce genre de problèmes supplémentaires, il ne faut pas évaluer la situation avec nos raisonnements logiques car ces personnes ne fonctionnent pas comme nous et cela reviendrait à ne pas comprendre la situation et la fonction du comportement. Il faut donc aborder les comportements avec l'oeil de la personne qui les présente.

Pistes de réflexion sur les comportements-défis

Souvent, il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre le problème relatif au comportement observé.

  • Au niveau de la santé
1. La déficience physique et sensorielle
 
On a remarqué que la déficience visuelle était dix fois plus nombreuse chez les personnes souffrant d'une déficience intellectuelle et la déficience auditive était de 40 à 100 fois plus nombreuse. Il s'agit donc d'un facteur supplémentaire de manque de compréhension de l'environnement. Cela engendre des difficultés à se situer, se déplacer, comprendre la communication de l'environnement, d'interpréter les mimiques faciales ou les attitudes corporelles, ... Cel engendre de la frustration et du stress et donc.. un comportement-problème.

Parfois, des comportements comme l'auto-mutilation peuvent être liés au rôle de la dopamine de la sérotonine ou des peptides opioïdes du corps. En effet, il y aurait un déséquilibre sérotonine-dopamine ou un trop peu de ces substances dans le corps des patients.
 
2. La médication
 
Les réactions face à une médication sont imprévisibles. Certaines personnes ont une sensibilité plus grande face à certains produits et ont des difficultés à exprimer les effets secondaires. Cela nécessite donc une vigilance accrue.
 
3. La santé physique

Il s'agit bien souvent de la cause première d'apparition d'un comportement-défi: la douleur (due à une carie, une otite, une constipation, par exemple). Souvent, les personnes autistes ou déficientes intellectuelles sévères ne reçoivent pas les soins médicaux nécessaires. Ces personnes sont souvent dans l'incapacité d'alerter sur leur douleur et donc de faire le lien avec le soin à pratiquer. Il faut donc faire des visites préventives chez les différents médecins.
La puberté peut également faire apparaitre des comportements-problèmes: La personne a du mal à comprendre les changements qui s’opèrent dans son corps, les filles anticipent difficilement leurs règles et celles-ci peuvent être douloureuses, les garçons ont des érections et du mal à accomplir leurs besoins sexuels. La masturbation peut notamment être quelque chose d'anxiogène après qu'ils l'ont pratiquée en public et ont reçu des réactions négatives du milieu.

4. La santé mentale
 
Les problèmes de santé mentale sont durs à repérer chez des personnes présentant une déficience sévère car:
- les symptômes émotionnels sont durs à obtenir (ils n'ont pas accès à la pensée abstraite et rarement au langage expressif et réceptif);
- leur expériences sociale étant limitée, cela masque ou influence les symptômes;
- l'anxiété induit une décompensation;
- différents troubles mentaux peuvent aggraver la fréquence et la sévérité d'un comportement problème.
  • Au niveau de la qualité de vie

Les problèmes liés à la qualité de vie sont également difficiles à repérer car, lorsque les personnes ont une déficience sévère, les critères de la qualité de vie sont plus restrictifs et les personnes s'y retrouvent souvent enfermés. On peut se demander si le comportement est lié à cette qualité de vie limitative ou si la qualité de vie est en train de se dégrader (manque de matériel, peu d'attention, maltraitance physique, soins négligés, interactions négatives ou pauvres, absence d'espace personnel, trop de densité de population, type de lumières, niveau de bruit, environnement trop contrôlant, ...)

Si l'équipe est démotivée ou que le jeune a plus de temps libre, cela entrainera l'apparition de comportements-défis.

  • les évènements immédiats 
Il s'agit ici des évènements en relation temporelle directe avec le comportement. Lorsqu'un environnement favorise l'apparition d'un comportement, on appelle cela un stimulus discriminatif.
4 éléments peuvent entrer en ligne de compte:
- le moment de la journée
- l'environnement physique
- les personnes
- les activités
Évidemment, les éléments "particuliers" comme la lumière, le bruit, ... sont aussi à prendre en compte.
 
Certains évènements (ou antécédents) immédiats seront identiques aux antécédents contextuels vus plus haut avec pour seule différence l'aspect temporel ou le fait qu'ils agiront sur un autre antécédent.
 
Plusieurs catégories d'antécédents immédiats sont à présenter:
  • L'adaptation à l'environnement
- la densité de population trop importante, les lieux fréquentés, le bruit
- l'organisation matérielle, le matériel fragile, l'instabilité, les règles peu claires, les quantités mal ajustées;
- les variables liées à leurs intérêts personnels;
- les moment de transition qui peuvent être source de stress surtout pour les personnes ayant des troubles autistiques (besoin d'un système de prévisibilité comme un horaire ou un schéma journalier).

  • Difficultés d'apprentissage
- difficultés liées aux déficits, inadéquation du niveau, de la quantité d'activités, des attentes éducatives et fonctionnelles de l'environnement, mauvaise prise en compte du potentiel;
- évènements contextuels venant modifier la motivation;
- trop de temps libres.

  • Difficultés communicationnelles
En général, la communication expressive pose plus de soucis que la communication réceptive et donne plus souvent comme conséquence un comportement-problème car le canal oral n'est pas approprié à la personne. On remarque qu'il existe peu de canaux alternatifs il faut donc privilégier la simplification lors de l'émission du message.
On remarque souvent que, sous prétexte que la personne ne comprend pas, on ne lui explique pas les choses, ce qui est, pour elle, une véritable source de stress car elle perçoit les changements sans les comprendre. La communication reste essentielle.
  • Besoin d'une vie de qualité
- une mauvaise organisation du temps va engendrer de la frustration, du stress et donc des comportements-défis;
- la qualité des relations sociales est très importante: il faut accorder assez d'attention à la personne, lui laisser la possibilité d'exprimer ses choix et ses préférences.
La frustration peut venir de l'organisation des services (repas, lever, douche, ...).
- privations ou mesures punitives.

  • Aspects médicaux

 Identiques aux évènements contextuels

  • Frustrations
Elles peuvent être nombreuses et souvent liées au choix, à la communication expressive ou aux contraintes culturelles.
Elle peut être liée à l'organisation ou également à un objet que la personne souhaite atteindre, une activité à exercer, un aliment ou aux relations sociales, affectives et sexuelles.

2. Le rôle des conséquences

 Les conséquences sont importantes car elles jouent un rôle de renforçateur si le stimulus présenté avec constance augmente l'apparition du comportement-défi. Si la conséquence est positive pour la personne, celle-ci va répéter le comportement dans des situations analogues.

Les conséquences peuvent être individuelles (caractère positif ou aversif vécu personnellement) ou sociales (les conséquences désignant un comportement inapproprié - comme les réprimandes ou les regards- ne sont pas comprises par la personne. Il faut se mettre à la place de la personne qui les reçoit pour pouvoir cibler ce qui est vu comme punitif pour elle).

Il existe 2 types de renforcement:

  • le renforcement positif
1. Apparition d'un comportement
2. Apport d'un stimulus ou augmentation de l'intensité d'un stimulus
3. Augmentation du comportement
  • le renforcement négatif
1. Apparition d'un comportement
2. Disparition d'un stimulus ou diminution de l'intensité d'un stimulus
3. Augmentation du comportement

Puisque le comportement est un "apprentissage", il est nécessaire que l'acquisition d'un nouveau comportement approprié "s'apprenne". Cependant, à cela s'ajoute une règle d'or: la notion d'efficacité. Moins la personne a besoin d'efforts pour une réaction immédiate, plus le comportement sera efficace. Il faut donc que le nouveau comportement soit tout autant voire plus facilement accessible que le comportement-problème à remplacer.
 
 
 
 
 

Livre 2: Pratique de l'intervention individualisée

 

J'ai choisi de résumer le chapitre 6: "Faire face aux comportements-défis avec une approche positive" car, après m'être renseignée sur le fonctionnement du comportement et sa fonction, il était important pour moi d'avoir des pistes de résolution.
 
 Table des matières:
 
Introduction
 
1. Hypothèses sur les raison du comportement
 - recueillir des informations sur les antécédents
 - recueillir des informations sur les comportements-défis
 - recueillir des informations sur les conséquences
2. Les possibilités d'intervention  
A. Les aménagements écologiques
B. La programmation positive
C. Agir directement sur le comportement-défi
1. l'extinction
2. Le retrait du renforcement positif 
      • le time out, l'isolement
      • les amendes
3. La présentation des conséquences aversives
4. La réparation
3. notre réaction face aux comportements-défis



Introduction

Notre préoccupation principale n'est pas le comportement en lui-même mais le contexte problématique qui le déclenche. Notre travail consiste à donner des compétences et l'envie de faire face à la frustration. Le travail premier sera donc d'apprendre les nouveaux comportements adaptés et non pas d'essayer de supprimer les comportements inadaptés.

Dans ce livre, ils mettent en avant l’appellation de "comportement-défi" plutôt que de "comportement-problème". En effet, il s'agit là d'une approche plus positive car la notion de défi concerne les intervenants et la démarche s'appuie sur les relations entre la personne et son environnement.

Qu'est-ce qu'un comportement inadapté? Nous jugeons un comportement inadapté quand il ne rentre pas dans les "cases" de notre société. Cependant, pour la personne, le fait d'obtenir ce qu'elle désire via ce comportement le rend adapté. Il s'agit, pour elle, d'un essai de communication réussi.

Pour comprendre la source d'un comportement-défi, il faut établir des hypothèses sur base d'éléments habituels observés:

Etape 1: Identification de la fonction communicative du comportement

- Observer le moment, les circonstances, la situation

- trouver des constantes

- formuler des hypothèses

Etape 2: Proposer une solution

- prévenir l'apparition du problème en modifiant l'environnement

- enseigner un comportement adaptatif qui aurait les mêmes conséquences

 1. Hypothèses sur les raisons du comportement

 Il est important de s'informer sur les antécédents, le comportement lui-même et les conséquences pour formuler des hypothèses. Pour cela, on peut observer la personne dans son environnement habituel ou questionner son entourage.

Bien qu'une démarche d'analyse soit développée ci-dessous, il est conseillé de faire appel à des personnes spécialisées dans ce domaine et d'utiliser des outils perfectionnés et ciblés pour le comportement-défi.

 

Voici la démarche à suivre pour recueillir des informations sur un comportement-défi:

1. Description du comportement

2. Pourquoi le comportement pose-t-il problème?

3. Quels comportements pourrait-on enseigner pour remplacer ou empêcher l'apparition du comportement-défi? (Il faut chercher dans le répertoire comportemental que possède la personne)

4. Description du comportement souhaité par l'entourage

5. Pourquoi est-ce important qu'il maitrise cet autre comportement?

Il faut distinguer problème de comportement et déficit d'apprentissage! Si la famille veut que le comportement soit remplacé par un comportement inverse, le problème n'est pas le comportement-défi mais le manque d'apprentissage du bon comportement.

 

Voici la démarche à suivre pour recueillir des informations sur les antécédents:

 A. Du point de vue de l'environnement de la personne

1. A quel point a-t-elle accès à la prédictibilité de sa vie?

2. Densité de population sur les lieux de vie

B.  Du point de vue de l'environnement social du comportement-défi:

1. Où? Quand? Avec qui? Dans quelle activité se produit le comportement? (conditions d'émission pouvant se combiner)

C. Du point de vue de la réaction à des situations spécifiques

 1. Nouvelle tâche?

2. Tâche difficile?

3. Interruption lors d'une tâche agréable?

4. Cris/ voix forte?

5. Désir d'obtenir quelque chose hors de portée?

6. Changement de routine?

7. Trop peu d'interactions avec l'intervenant?

8. Solitude?

9. Inactivité?

 
Voici la démarche à suivre pour recueillir des informations sur les conséquences:

 (étape très importante car elle permet d'établir une hypothèse fonctionnelle du comportement)

1. Quel.s bénéfice.s est.sont recherché.s?

2. Besoin d'attention?

3. Besoin d'échapper à une situation aversive/déplaisante?

4. Besoin d'un renforcement automatique via un auto-renforcement (= comportement agréable)?

 

2. Les possibilités d'intervention

 A. Les aménagements écologiques

Les aménagements écologiques ont pour but de modifier les conditions habituelles associées au comportement visé. Cela peut être, par exemple, les lieux de vie, le nombre ou la qualité des interactions, la méthode d'enseignement, les buts et les objectifs, les éléments environnementaux comme le bruit ou le nombre de personnes ou encore la prévisibilité des évènements (via des horaires où sont indiqués et illustrés les lieux/tâches, des limites de temps avec des montres ou des timer ou encore le fait d'annoncer le changement et de préparer la personne à ce changement.)

B. La programmation positive

Le but ici est d'enseigner à la personne des moyens plus efficaces (ou "acceptables") pour exprimer ses besoins ou pour s'adapter aux exigences et à la réalité de l'environnement. Ce changement doit être faisable du point de vue du "répertoire de comportements" que possède la personne. Les comportements-défis sont une tentative problématique de communiquer, il faut donc enseigner une communication plus fonctionnelle.

Lorsqu'on enseigne un comportement alternatif, on peut utiliser un comportement "incompatible" avec le premier, c'est-à-dire, qui ne peut pas être réalisé en même temps que le comportement-défi. 

Exemple: L'automutilation est le comportement-défi. Le comportement alternatif incompatible serait: taper dans les mains. La personne ne peut pas s'auto-mutiler et taper dans ses mains en même temps.

A certains moments, il faudra faire en sorte que la personne "accepte" l'environnement déplaisant auquel elle est confrontée

Une autre stratégie encore, est de ne pas donner de renforcement (= répondre à la demande) à chaque fois que le comportement-défi est constaté mais de le donner à d'autres moments afin de casser le lien entre le comportement et la conséquence et donc diminuer la motivation de la personne à réaliser ce comportement.

C. Agir directement sur le comportement-défi 

1. L'extinction

Le but ici est de supprimer le comportement en ne réagissant pas à celui-ci et en renforçant les moments où la personne se conduit "bien". 

Pour que l'extinction soit efficace il faut

- supprimer tous les renforçateurs positifs (en ne prêtant pas attention à la crise, par exemple);

- utiliser le renforcement via un comportement incompatible;

- se questionner sur les conditions du milieu et supprimer les antécédents favorables à l'apparition dudit comportement.

Cette technique ne s'applique que lorsque la crise est déclenchée par le désir d'obtenir quelque chose. Si la personne, par ce comportement, met en danger une personne (ou lui-même), on doit agir autrement.

L'extinction ne donnera pas tout de suite des résultats: 

-la personne testera les limites;

-les règles n'étant pas clairement établie, elle risque de mettre un peu de temps à comprendre;

- tant qu'un comportement alternatif efficace ne sera pas appris, il sera difficile pour elle de communiquer son désir.


2. Le retrait du renforcement positif 

  • Time out et isolement
3 possibilités:
- Placer la personne dans un environnement où tout renforçateur est retiré (l'environnement ne doit pas être effrayant et doit être au maximum neutre) 
exemple: une chaise à l'écart 
- Retirer les renforçateurs et laisser le sujet "comme ça"
exemple: enlever l'assiette, éteindre la télé, confisquer la balle, ...
- Quitter le lieu si on est soi-même un renforçateur
 
A noter qu'une mise à l'écart ne doit se faire que pendant un laps de temps très court (1 à 5 minutes) pour éviter que cela devienne un auto-renforcement, que la personne s'adapte à son nouvel environnement. Cette mise à l'écart doit se faire dans le calme, sans colère ni cris ni longues explications. La personne devrait toujours être prévenue à l'avance du risque qu'elle encourt pour ne pas être prise par suprise.
Enfin, l'isolement est à éviter si le comportement a été déclenché dans le but de fuir un stimulus désagréable ou si l'on doit en arriver aux mains pour l'appliquer.
 
Le gros changement avec l'extinction est que la personne, ici, change d'environnement.
  • les amendes 
Il s'agit de restituer des renforçateurs gagnés précédemment.
Pour cela, il faut fixer la quantité au préalable. Cette technique se fait plus souvent via des renforçateurs intermédiaires comme les bons points ou les jetons.
La différence avec le time out est qu'ici, le retrait est définitif alors que dans le time out, il est temporaire.
 
3. La présentation de conséquences aversives
 
Ici, le principe est que lorsque le comportement apparait, la conséquence est aversive. 
Pour entrer dans ce cas, il faut des conditions très précises:
- il faut que le comportement soit dangereux et nécessite donc une réaction d'urgence
- il faut que toutes les autres procédures aient échouées ou aient été peu efficaces
- il faut, au préalable, l'accord de tous les responsables, ce compris la personne elle-même 
- il faut maintenir un contrôle strict et permanent lors de cette procédure.

Les conséquences aversives primaires (= fessées)
- elles doivent être exceptionnelles (objection morale, difficultés d'application).
- si la personne ne peut pas éviter la conséquence, la contrainte sera parfois nécessaire.
- si la crise était due à un besoin d'attention, la conséquence aversive pourrait devenir un renforçateur.
- cela ne permet pas à la personne d'apprendre le bon comportement alternatif.
- la personne ressentira un sentiment négatif vis-à-vis d'elle-même.

Les conséquences aversives secondaires (= réprimandes, menaces, "non")
- Les réprimandes sont généralement peu efficaces. Elles doivent se faire à voix basse si elles ne visent qu'une seule personne car elles risquent d'être des renforçateurs si elles sont dites à voix haute et donc elles risquent d'avoir moins d’impact.
- Les menaces doivent être suivies d'une conséquence négative, sinon elles ne servent à rien.
 
4. La réparation

 Le but ici est que la personne assume les conséquences de son comportement en réparant le dommage causé. Cette 4e procédure est très bénéfique car elle s'accorde aux exigences de notre société et elle valorise les rôles sociaux. 

Si la personne refuse de réparer, il est inutile de commencer de longs discours. Souvent, commencer la réparation est suffisant pour que la personne fasse de même puis poursuive en autonomie.


 3. Notre réaction face aux comportements-défis

 Cela peut parfois être difficile de réagir adéquatement face à une personne qui a des troubles du comportement.

Deux cas de figure: soit la crise est réfléchie, soit elle est imprévue.

Bien souvent apparaissent chez nous des réactions affectives (comme le stress) et cognitives (penser: elle m'en veut") sans oublier les facteurs propres à l'intervenant: son expérience positive ou non avec la personne, sa croyance ou non en son auto-efficacité, ...

Il est important de pouvoir apprendre à repérer et gérer les émotions liées au stress. Il est également important d'avoir le soutien de ses responsables et de pouvoir travailler en équipe.

Des systèmes de renfort doivent être mis en place (possibilité d'accompagnement éducatif ou d'appel au secours en cas de problème).

La bonne attitude à avoir est d'abord de se protéger soi, l'entourage, ainsi que la personne en crise. Il peut être intéressant de connaitre quelques prises de self-défense qui permettent de maitriser une personne sans l'agresser.


Conclusion sur la lecture des 2 livres:

En tant que future orthopédagogue, la lecture de ces 2 livres, et particulièrement de ces 2 chapitres m'ont beaucoup appris. Souhaitant travailler dans le milieu du handicap mental et de l'autisme, je serai amenée à fréquemment rencontrer des crises de la sorte. Le 1er chapitre m'a permis de mieux comprendre les comportements-problèmes et de prendre conscience de toutes les choses qui gravitent autour. Je sais à présent que je ne dois pas tant me focaliser sur le comportement que sur la fonction dudit comportement et des causes de son apparition.

Le second chapitre que j'ai choisi de résumer m'a vraiment marquée car il apporte des pistes concrètes d'analyse d'un comportement: il permet de se poser les bonnes questions que ce soit au niveau des antécédents, du comportement lui-même et des conséquences. Il m'a également permis d'obtenir des pistes de réactions adéquates à ces comportements. Bien sûr, je suis consciente que chaque personne est différente et que ces procédures ne seront pas applicables ni efficaces dans l'absolu mais cela me permet tout de même d'avoir un bagage supplémentaire pour pallier le stress engendré par ces situations. Enfin, la fin du chapitre m'a beaucoup rassurée car il fait allusion aux émotions que peuvent ressentir les intervenants face à ces situations. Je suis soulagée de voir que l'on en parle et que c'est quelque chose de "normal". Cela me réconforte de savoir que je peux demander de l'aide et en parler autour de moi. Le travail d'équipe apporte une plus-value car il permet de recueillir des points de vue complémentaires et de mettre en place une stratégie commune dans l'intérêt de la personne que l'on accompagne.

 

 

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