Trouble du spectre de l'autisme: Introduction
Lecture des livres
- Evaluation et intervention auprès des comportements-défis, E. Willaye et G. Magerotte
- Pratique de l'intervention individualiée, G. Magerotte, M. Deprez et N. Montreuil
Livre 1: Evaluation et intervention auprès des comportements-défis
Table des matières:
Introduction
1. Les antécédents
- les évènements contextuels
- au niveau de la santé
- au niveau de la qualité de vie
- les évènements immédiats
- l'adaptation à l'environnement
- difficultés d'apprentissage
- difficultés communicationnelles
- besoin d'une vie de qualité
- aspects médicaux
- frustrations
- le renforcement positif
- le renforcement négatif
Introduction:
Il s'agit donc d'un apprentissage, tout comme n'importe quel comportement humain. Soit, le comportement a pour but d'obtenir une conséquence souhaitée, soit d'éviter des conditions environnementales aversives. A noter qu'un même comportement peut signifier plusieurs besoins différents et inversement plusieurs comportements peuvent indiquer un même besoin.
Les facteurs qui entrent en cause lors d'un comportement-défi sont souvent liés à la cognition, aux émotions, à l'historique de la personne, ses antécédents biologiques, développementaux, socio-culturels, familiaux, comportementaux, ...)
On cherchera toujours à traiter la fonction de l'acte en priorité.
Le
comportement-problème apparait dans un contexte spécifique à cause d'un
élément survenu précédemment (qu'on appellera les antécédents), qui est en train d'arriver ou qui va
bientôt se produire (les conséquences). Initialement, il apparait de façon aléatoire (ou à cause d'une situation
biomédicale) dans un contexte souvent désagréable. Si on répond
positivement à ce comportement, la possibilité de réapparition sera plus
grand.
Nous allons voir d'un peu plus près quels types d'antécédents et de conséquences il existe et en quoi ils influencent l'arrivée de ces crises.
1. Les antécédents
Les antécédents sont les évènements (pris dans leur contexte) qui renforcent la valeur d'un comportement (de façon positive ou négative). Cela a pour conséquence de modifier:
- l'efficacité de certaines formes de renforcement,
- la fréquence d'apparition de comportements (conditionnés ou non) associés à ces renforçateurs.
Ces antécédents peuvent être classés sur 2 niveaux: les évènements contextuels et les évènements immédiats.
- les évènements contextuels
Avec ce genre de problèmes supplémentaires, il ne faut pas évaluer la situation avec nos raisonnements logiques car ces personnes ne fonctionnent pas comme nous et cela reviendrait à ne pas comprendre la situation et la fonction du comportement. Il faut donc aborder les comportements avec l'oeil de la personne qui les présente.
Pistes de réflexion sur les comportements-défis
Souvent, il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre le problème relatif au comportement observé.
- Au niveau de la santé
- Au niveau de la qualité de vie
Les problèmes liés à la qualité de vie sont également difficiles à repérer car, lorsque les personnes ont une déficience sévère, les critères de la qualité de vie sont plus restrictifs et les personnes s'y retrouvent souvent enfermés. On peut se demander si le comportement est lié à cette qualité de vie limitative ou si la qualité de vie est en train de se dégrader (manque de matériel, peu d'attention, maltraitance physique, soins négligés, interactions négatives ou pauvres, absence d'espace personnel, trop de densité de population, type de lumières, niveau de bruit, environnement trop contrôlant, ...)
Si l'équipe est démotivée ou que le jeune a plus de temps libre, cela entrainera l'apparition de comportements-défis.
- les évènements immédiats
- L'adaptation à l'environnement
- Difficultés d'apprentissage
- Difficultés communicationnelles
- Besoin d'une vie de qualité
- Aspects médicaux
Identiques aux évènements contextuels
- Frustrations
2. Le rôle des conséquences
Les conséquences sont importantes car elles jouent un rôle de renforçateur si le stimulus présenté avec constance augmente l'apparition du comportement-défi. Si la conséquence est positive pour la personne, celle-ci va répéter le comportement dans des situations analogues.
Il existe 2 types de renforcement:
- le renforcement positif
- le renforcement négatif
Livre 2: Pratique de l'intervention individualisée
- le time out, l'isolement
- les amendes
Notre préoccupation principale n'est pas le comportement en lui-même mais le contexte problématique qui le déclenche. Notre travail consiste à donner des compétences et l'envie de faire face à la frustration. Le travail premier sera donc d'apprendre les nouveaux comportements adaptés et non pas d'essayer de supprimer les comportements inadaptés.
Dans ce livre, ils mettent en avant l’appellation de "comportement-défi" plutôt que de "comportement-problème". En effet, il s'agit là d'une approche plus positive car la notion de défi concerne les intervenants et la démarche s'appuie sur les relations entre la personne et son environnement.
Qu'est-ce qu'un comportement inadapté? Nous jugeons un comportement inadapté quand il ne rentre pas dans les "cases" de notre société. Cependant, pour la personne, le fait d'obtenir ce qu'elle désire via ce comportement le rend adapté. Il s'agit, pour elle, d'un essai de communication réussi.
Pour comprendre la source d'un comportement-défi, il faut établir des hypothèses sur base d'éléments habituels observés:
Etape 1: Identification de la fonction communicative du comportement
- Observer le moment, les circonstances, la situation
- trouver des constantes
- formuler des hypothèses
Etape 2: Proposer une solution
- prévenir l'apparition du problème en modifiant l'environnement
- enseigner un comportement adaptatif qui aurait les mêmes conséquences
1. Hypothèses sur les raisons du comportement
Il est important de s'informer sur les antécédents, le comportement lui-même et les conséquences pour formuler des hypothèses. Pour cela, on peut observer la personne dans son environnement habituel ou questionner son entourage.
Bien qu'une démarche d'analyse soit développée ci-dessous, il est conseillé de faire appel à des personnes spécialisées dans ce domaine et d'utiliser des outils perfectionnés et ciblés pour le comportement-défi.
Voici la démarche à suivre pour recueillir des informations sur un comportement-défi:
1. Description du comportement
2. Pourquoi le comportement pose-t-il problème?
3. Quels comportements pourrait-on enseigner pour remplacer ou empêcher l'apparition du comportement-défi? (Il faut chercher dans le répertoire comportemental que possède la personne)
4. Description du comportement souhaité par l'entourage
5. Pourquoi est-ce important qu'il maitrise cet autre comportement?
Il faut distinguer problème de comportement et déficit d'apprentissage! Si la famille veut que le comportement soit remplacé par un comportement inverse, le problème n'est pas le comportement-défi mais le manque d'apprentissage du bon comportement.
Voici la démarche à suivre pour recueillir des informations sur les antécédents:
A. Du point de vue de l'environnement de la personne
1. A quel point a-t-elle accès à la prédictibilité de sa vie?
2. Densité de population sur les lieux de vie
B. Du point de vue de l'environnement social du comportement-défi:
1. Où? Quand? Avec qui? Dans quelle activité se produit le comportement? (conditions d'émission pouvant se combiner)
C. Du point de vue de la réaction à des situations spécifiques
1. Nouvelle tâche?
2. Tâche difficile?
3. Interruption lors d'une tâche agréable?
4. Cris/ voix forte?
5. Désir d'obtenir quelque chose hors de portée?
6. Changement de routine?
7. Trop peu d'interactions avec l'intervenant?
8. Solitude?
9. Inactivité?
Voici la démarche à suivre pour recueillir des informations sur les conséquences:
(étape très importante car elle permet d'établir une hypothèse fonctionnelle du comportement)
1. Quel.s bénéfice.s est.sont recherché.s?
2. Besoin d'attention?
3. Besoin d'échapper à une situation aversive/déplaisante?
4. Besoin d'un renforcement automatique via un auto-renforcement (= comportement agréable)?
2. Les possibilités d'intervention
A. Les aménagements écologiques
Les aménagements écologiques ont pour but de modifier les conditions habituelles associées au comportement visé. Cela peut être, par exemple, les lieux de vie, le nombre ou la qualité des interactions, la méthode d'enseignement, les buts et les objectifs, les éléments environnementaux comme le bruit ou le nombre de personnes ou encore la prévisibilité des évènements (via des horaires où sont indiqués et illustrés les lieux/tâches, des limites de temps avec des montres ou des timer ou encore le fait d'annoncer le changement et de préparer la personne à ce changement.)
B. La programmation positive
Le but ici est d'enseigner à la personne des moyens plus efficaces (ou "acceptables") pour exprimer ses besoins ou pour s'adapter aux exigences et à la réalité de l'environnement. Ce changement doit être faisable du point de vue du "répertoire de comportements" que possède la personne. Les comportements-défis sont une tentative problématique de communiquer, il faut donc enseigner une communication plus fonctionnelle.
Lorsqu'on enseigne un comportement alternatif, on peut utiliser un comportement "incompatible" avec le premier, c'est-à-dire, qui ne peut pas être réalisé en même temps que le comportement-défi.
Exemple: L'automutilation est le comportement-défi. Le comportement alternatif incompatible serait: taper dans les mains. La personne ne peut pas s'auto-mutiler et taper dans ses mains en même temps.
A certains moments, il faudra faire en sorte que la personne "accepte" l'environnement déplaisant auquel elle est confrontée
Une autre stratégie encore, est de ne pas donner de renforcement (= répondre à la demande) à chaque fois que le comportement-défi est constaté mais de le donner à d'autres moments afin de casser le lien entre le comportement et la conséquence et donc diminuer la motivation de la personne à réaliser ce comportement.
C. Agir directement sur le comportement-défi
1. L'extinction
Le but ici est de supprimer le comportement en ne réagissant pas à celui-ci et en renforçant les moments où la personne se conduit "bien".
Pour que l'extinction soit efficace il faut
- supprimer tous les renforçateurs positifs (en ne prêtant pas attention à la crise, par exemple);
- utiliser le renforcement via un comportement incompatible;
- se questionner sur les conditions du milieu et supprimer les antécédents favorables à l'apparition dudit comportement.
Cette technique ne s'applique que lorsque la crise est déclenchée par le désir d'obtenir quelque chose. Si la personne, par ce comportement, met en danger une personne (ou lui-même), on doit agir autrement.
L'extinction ne donnera pas tout de suite des résultats:
-la personne testera les limites;
-les règles n'étant pas clairement établie, elle risque de mettre un peu de temps à comprendre;
- tant qu'un comportement alternatif efficace ne sera pas appris, il sera difficile pour elle de communiquer son désir.
2. Le retrait du renforcement positif
- Time out et isolement
- les amendes
Le but ici est que la personne assume les conséquences de son comportement en réparant le dommage causé. Cette 4e procédure est très bénéfique car elle s'accorde aux exigences de notre société et elle valorise les rôles sociaux.
Si la personne refuse de réparer, il est inutile de commencer de longs discours. Souvent, commencer la réparation est suffisant pour que la personne fasse de même puis poursuive en autonomie.
3. Notre réaction face aux comportements-défis
Cela peut parfois être difficile de réagir adéquatement face à une personne qui a des troubles du comportement.
Deux cas de figure: soit la crise est réfléchie, soit elle est imprévue.
Bien souvent apparaissent chez nous des réactions affectives (comme le stress) et cognitives (penser: elle m'en veut") sans oublier les facteurs propres à l'intervenant: son expérience positive ou non avec la personne, sa croyance ou non en son auto-efficacité, ...
Il est important de pouvoir apprendre à repérer et gérer les émotions liées au stress. Il est également important d'avoir le soutien de ses responsables et de pouvoir travailler en équipe.
Des systèmes de renfort doivent être mis en place (possibilité d'accompagnement éducatif ou d'appel au secours en cas de problème).
La bonne attitude à avoir est d'abord de se protéger soi, l'entourage, ainsi que la personne en crise. Il peut être intéressant de connaitre quelques prises de self-défense qui permettent de maitriser une personne sans l'agresser.
Conclusion sur la lecture des 2 livres:
En tant que future orthopédagogue, la lecture de ces 2 livres, et particulièrement de ces 2 chapitres m'ont beaucoup appris. Souhaitant travailler dans le milieu du handicap mental et de l'autisme, je serai amenée à fréquemment rencontrer des crises de la sorte. Le 1er chapitre m'a permis de mieux comprendre les comportements-problèmes et de prendre conscience de toutes les choses qui gravitent autour. Je sais à présent que je ne dois pas tant me focaliser sur le comportement que sur la fonction dudit comportement et des causes de son apparition.
Le second chapitre que j'ai choisi de résumer m'a vraiment marquée car il apporte des pistes concrètes d'analyse d'un comportement: il permet de se poser les bonnes questions que ce soit au niveau des antécédents, du comportement lui-même et des conséquences. Il m'a également permis d'obtenir des pistes de réactions adéquates à ces comportements. Bien sûr, je suis consciente que chaque personne est différente et que ces procédures ne seront pas applicables ni efficaces dans l'absolu mais cela me permet tout de même d'avoir un bagage supplémentaire pour pallier le stress engendré par ces situations. Enfin, la fin du chapitre m'a beaucoup rassurée car il fait allusion aux émotions que peuvent ressentir les intervenants face à ces situations. Je suis soulagée de voir que l'on en parle et que c'est quelque chose de "normal". Cela me réconforte de savoir que je peux demander de l'aide et en parler autour de moi. Le travail d'équipe apporte une plus-value car il permet de recueillir des points de vue complémentaires et de mettre en place une stratégie commune dans l'intérêt de la personne que l'on accompagne.
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