Sociologie du handicap et des personnes à besoins spécifiques

 Sociologie du handicap et des personnes à besoins spécifiques

I. Retour réflexif 
 
J'ai choisi de parler de la visite que nous avons faite dans le cadre de ce cours: Le Monde d'Ayden.
Je connaissais déjà le projet via les réseaux sociaux et j'ai été ravie de pouvoir le découvrir sur le terrain    .
Il s'agit d'une plaine de jeu inclusive qui vient d'ouvrir au mois de septembre, à Uccle. Le projet est né grâce à une super maman appelée Lou Garagnani dont le 2e de ses 3 enfants, Ayden, est porteur d'un handicap très rare. Elle s'est rendu compte qu'il n'existait aucune structure de jeux adaptée au handicap de son fils. Elle a donc décidé de se lancer dans ce projet un peu fou de créer intégralement une plaine de jeux qui serait adaptée à tout type de handicap.
 
Voici déjà les grands aménagements présents dans toute la plaine:
- Sa plaine de jeux est de plain-pied pour permettre aux enfants de se déplacer librement et aisément à tous les endroits (y compris les enfants en chaise roulante)
 
- Les lumières vives ont été remplacées par des lumières plus douces et colorées qui changent de couleur. Cela permet aux enfants sensibles à la lumière de ne pas être incommodés. Des jeux de lumières avec des formes mouvantes sont également projetées sur les murs.
Aucune description disponible.
- Des casques insonorisés sont proposés à toute personne qui ressentirait le besoin de les utiliser.
Aucune description disponible.
La plaine de jeux, entièrement intérieure, est composée de plusieurs grandes zones.
- Tous les jeux sont expliqués par des panneaux en langue des signes 

1. Les tables
C'est le lieux où les enfants se retrouvent pour manger un goûter, un repas de midi ou pour toute activité manuelle, de cuisine ou de bricolage. Il y a deux tailles de table et de chaise pour permettre aux enfants une assise des plus adaptées en fonction de leur taille. Il y a également des chaises de "rois" et "reines" réservées pour les anniversaires mais qui permettent aussi un  meilleur soutien de la position assise pour les enfants ayant une déficience motrice.
Un coin rempli de déguisements se trouve également dans cette salle.
 
 Aucune description disponible.

2. La psychomotricité
Juste à côté, nous pouvons retrouver la salle de psychomotricité composée d'un large tapis de bandes colorées et de matériel divers qui permet de construire de nombreux parcours. Il y a notamment des mousses de différentes tailles, formes et couleurs mais également des pieds et des mains en relief, des coquillages et plots sans oublier des dalles en relief, ce qui permet aux enfants d'explorer le milieu par leur sens du toucher.
La salle de psychomotricité possède un grand écran qu'il est possible d'exploiter pour transformer la salle en home cinéma ou pour faire des jeux comme des Quizz.
 
Aucune description disponible.

3. La salle principale
La salle principale possède également plusieurs zones. La première est composée d'une véritable voiture ancienne dans laquelle les enfants peuvent monter pour partir en vacances ou visiter d'autres horizons!
Une seconde zone est composée de tuyaux muraux dans lesquels on peut mettre des balles et les voir glisser tout le long du parcours, en passant d'un tuyau à l'autre pour arriver dans le bac, tout en bas.
Des petits escabeaux ont été rajoutés pour que tous les enfants puissent atteindre les tuyaux du haut.
Au centre de la salle se trouve un immense bateau de pirate comme dans les plaines de jeux extérieure à la différence que celui-ci possède des marches et plateformes larges ainsi que des prises pour les mains, afin que les enfants ayant des difficultés puissent monter plus facilement.
Il y a également une grande balançoire sur laquelle plusieurs enfants pourront s'asseoir en même temps.
Il existe également un espace de construction avec toutes sortes de jeux de construction: des kaplas, des duplos sensoriels, un parcours à créer pour une balle, de grandes pièces pour créer sa propre cabane, ...!
Enfin, dans ce grand espace se trouve un écran géant posé au sol sur lequel sont projetées des animations diverses permettant aux enfants de s'immerger tour à tour dans la mer, en Afrique, en compagnie d'animaux ou à proximité d'une lumière accueillante. L'écran a été construit avec des petites pentes de part et d'autre pour qu'aucun enfant n'ait de difficultés à grimper dessus. Même les chaises roulantes peuvent rouler dessus !
Il y a également des petits animaux à roulettes de 2 tailles différentes sur lesquels les enfants peuvent s'asseoir et avec lesquels ils sont libres de se déplacer dans la plaine.





4. Le Snoezelen
Un espace spécial de "snoezelen" a été créé dans une petite pièce insonorisée et séparée par une porte. Le snoezelen est un lieu d'éveil des sens dans lequel on vient pour se reposer ou se calmer. 
Il contient des fils de couleurs qui pendent et peuvent être manipulés, différents poufs et sièges, un petit aquarium à bulles qui change de couleurs et dans lequel des petits poissons montent et descendent, des lampes colorées, des jeux visuels et de manipulation, des miroirs, des dalles sensorielles qui bougent lorsqu'on marche dessus, des petites lumières qui dansent dans toute la pièce, une musique apaisante, ...
 

5. Les amis de Marley
Lou a également 2 autres enfants dont la petite dernière se nomme Marley. Elle a donc créé un espace pour les plus petits qu'elle a nommé comme sa dernière fille.
Il s'agit ici d'un espace réservé pour les enfants plus jeunes avec des jeux de manipulations en bois, des balles de différentes textures, des foulards et toute une panoplie de jeux de cuisine et de magasin ainsi que tous les aliments nécessaires à fabriquer de délicieux mets!
Le tout se situe près d'un espace plus intime réservé aux mamans qui souhaiteraient allaiter et non loin des tables de la cantine de Milo.


6. La cantine de Milo
Pendant que les enfants s'amusent, les parents ont la possibilité de s'attabler et de commander une collation (tous les produits sont faits maison ou sont d'origine belge) à la cantine de Milo (Le 1er fils de Lou et le grand frère d'Ayden!)
 

 
7. Les toilettes
Le lieu a été pensé dans ses moindres détails puisque même les toilettes ont été pensées inclusives! en effet, il y a plusieurs toilettes de hauteurs différentes et avec des lunettes plus petites pour les enfants plus jeunes. Il y a également des barres latérales pour aider ceux qui auraient plus de difficultés, une co-toilette, une table à langer et différents éviers de tailles différentes. Des escabeaux sont également mis à disposition.


Ce que m'a apporté la découverte de ce projet:

L'histoire de Lou et d'Ayden m'a beaucoup touchée et impressionnée car le travail réalisé a été colossal et le projet a été très bien pensé. J'ai eu envie de faire partie de ce projet car la cause du handicap me tient fort à coeur ayant moi-même une petite soeur atteinte d'un handicap. J'ai donc eu la chance de pouvoir venir aider l'équipe en tant que bénévole et étudiante durant les jours d'ouverture de la plaine ou les stages de vacances.
C'est un endroit qui m'enrichit chaque jour d'expériences nouvelles, qui me confronte à beaucoup de questionnements sur l'inclusion, sur le savoir-vivre et sur nos valeurs et nos habitudes. C'est également un lieu où la rencontre avec le handicap est naturelle et se fait sans jugement. Les enfants se sentent libres de poser des questions et nous d'y répondre. Ils s'amusent ensemble en brisant les barrières et les tabous et repartent toujours avec le sourire.
A l'avenir, Lou aimerait engager du personnel porteur de handicap pour rendre la plaine inclusive à 100%. Ma petite soeur, porteuse du syndrome de Williams, a pu venir nous aider en tant que bénévole et cela l'a remplie de joie de se voir offrir un rôle aussi important.
Bref, le Monde d'Ayden est enrichissant pour tous, et c'est ça l'inclusion!

Garagnani, L (2020) Le monde d'Ayden, consulté en ligne le 5/01/21 sur https://www.lemondedayden.be/
 

II. Réflexion sur le reportage "Extra-Ordinaires"
 
Ce reportage nous partageait la vie quotidienne de plusieurs personnes étant atteintes soit par un syndrome de Down soit par des troubles autistiques. Ces personnes et parfois leurs parents nous parlaient de leur vision du monde et de la difficulté qu'ils avaient pu avoir pour s'intégrer dans notre société.
Durant ce reportage, le monde du travail a été relativement peu évoqué car certains avaient encore l'âge de fréquenter l'école. Cependant, la première interviewée, atteinte d'un syndrome du syndrome de Down, nous raconte avec beaucoup de conscience comme elle s'est rendu compte de son handicap, à 19 ans, et comme elle a pu voir dans les yeux des autres à quel point c'était un frein pour trouver un travail, malgré qu'elle ait obtenu un CESS et fréquenté une école ordinaire.
Ce témoignage m'a beaucoup émue. J'ai été confrontée de nombreuses fois à des personnes porteuses de trisomie 21. Toutes avaient des capacités et une autonomie variables mais c'est la première personne que j'ai pu voir avec autant de capacités intellectuelles malgré son handicap et cela m'a fait réfléchir. Au début de l'émission je me disais qu'elle avait de la chance, qu'avec ses capacités intellectuelles, l'inclusion devait se faire facilement puisque les barrières sociales étaient moindres. De plus, les traits caractéristiques des personnes porteuses de ce syndrome étaient relativement discrètes chez elle. Je me suis vite rendu compte, malheureusement, que l'inclusion n'était pas évidente: la jeune fille a conscience de son handicap, des moqueries qui y sont liées et du rejet qu'elle subit à cause de lui. Ce doit être encore plus difficile pour elle de vivre en se sentant différente, en essayant toute sa vie de s'intégrer à une société qui lui met des freins, des barrières et qui, quelque part, la sabote. Certaines personnes avec une plus grande déficience, n'ont pas conscience de leur différence. Elles vivent en quelque sorte en parallèle de notre monde et sont très heureuses ainsi.
Dans ce reportage, la jeune fille a finalement trouvé du travail dans un centre pour personnes ayant des troubles autistiques. Je suis heureuse pour elle mais cela me rend triste que ce soit uniquement un secteur sensibilisé au handicap qui accepte de l'accueillir comme employée. 
En Belgique, très peu d'endroits engagent des personnes porteuses d'un handicap. Les quelques lieux qui organisent cela sont rares et médiatisés (le restaurant 65 degrés, par exemple.) 
Je remarque donc que l'inclusion est vraiment peu développée en Belgique. Nous avons développé de nombreuses structures qui prennent en charge les personnes ayant des troubles ou des retards (les centres de jour, d'hébergement, les écoles spécialisées, les lieux de travail supervisés...) mais par conséquent, j'ai l'impression que l'inclusion est plus difficile à obtenir et ces personnes sont rapidement redirigées vers des services plus spécialisés (comme le soulignait la maman d'un jeune garçon avec troubles autistiques, plus loin das la vidéo. elle se plaignait que les écoles ordinaires ne lui proposent sans cesse de mettre son fils dans l'enseignement spécialisé). 
Pour moi, cela est dû à plusieurs raisons:
- le handicap est encore trop méconnu, stigmatisé et fait peur. Les gens ne savent pas comment aller vers ces personnes, comment leur parler, comment se comporter face à eux.
- Notre société prône l'inclusion mais cela ne fait pas encore parties de ses valeurs premières ( à l'inverse du Canada ou de la Norvège qui sont des pays très développés en matière d'inclusion et où il est tout à fait normal de retrouver dans une classe un enfant ordinaire dont le voisin de droite aura une déficience motrice et le voisin de gauche sera trisomique)
- Le manque de formations et d'informations sur le handicap dans tous les secteurs est un frein supplémentaire à l'inclusion.
Sur ce dernier point, l'orthopédagogue a un rôle à jouer. En effet, dans une entreprise, l'orthopédagogue pourrait évaluer les capacités et les motivations de l'adulte en situation de handicap et proposer des pistes quant au poste à pourvoir, aux points à superviser et à ce qu'il pourrait faire en autonomie. Il pourrait également proposer des petites adaptations pour l'aider à être plus autonome.
Il est vrai que ces personnes ont besoin d'apprendre toutes sortes de choses que des personnes dites ordinaires auraient pu apprendre seules ou qui seraient innées (comme la communication, les expressions faciales pour montrer une émotion en cas d'autisme, l'utilisation de machines ou d'ordinateurs...) mais une fois ces acquisitions faites, ils pourraient être de bons travailleurs.
 
En résumé, l'inclusion dans le milieu professionnel en Belgique est pour l'instant davantage un idéal qu'une réalité et a pour cause un cercle vicieux qui mêle l'absence d'informations/de formations et une peur de l'inconnu qui conduit à la ségrégation de ces personnes. L'orthopédagogue a un rôle majeur à jouer pour casser ce cycle et il est important de prôner des projets inclusifs (comme le Monde d'Ayden) pour faire se rencontrer les personnes entre elles et casser les préjugés et les craintes liées à la différence.














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